Quand la réussite d’une femme dérange encore...

Au début de ma carrière, jamais je n’aurais fréquenté un avocat.

Pas parce que je n’aimais pas la profession, mais parce que je voulais éviter qu’on dise un jour de moi : « Elle a avancé dans sa carrière en couchant avec le boss. »

Je voulais que ma trajectoire soit claire : que mes succès reposent sur mon intelligence, mes compétences et la somme de mes efforts. Et surtout, je voulais que personne n’ait le moindre doute à ce sujet.

Si je partage ma vie aujourd’hui avec un avocat, c’est parce que je l’ai rencontré à un moment de ma carrière où je me sentais assez solide, assez crédible, pour embrasser cette relation sans crainte ni compromis.

Mais je me pose la question : pourquoi, en 2026, pense-t-on encore qu’une femme qui réussit, qui gagne bien sa vie et qui vit un certain confort l’a obtenu grâce à son apparence ou à « la bonne personne » ?

C’est confrontant, n’est-ce pas ?

Comme entrepreneure, je suis ma propre boss. Personne ne signe mes chèques. Et pourtant, il arrive encore que certains attribuent mes réussites au « pretty privilege ». Comme si mes résultats n’étaient pas le fruit d’années de sacrifices, de travail acharné, de nuits blanches et de décisions stratégiques parfois risquées. Comme si tout pouvait se résumer à un sourire ou à une paire de talons.

Ce biais est tenace. Il est tellement ancré qu’il fait encore partie de l’inconscient collectif. Combien de femmes professionnelles ont ressenti le besoin de masquer leur féminité à grands coups de tailleurs ternes, de postures froides, d’attitudes presque agressives, simplement pour être prises au sérieux ? Je ne les blâme pas. Elles voulaient seulement se sentir légitimes, dans un monde où être femme dirigeante relevait presque de l’exception.

Mais aujourd’hui, doit-on vraiment encore en passer par là ?

Sommes-nous encore condamnées à entrer dans la salle de réunion avec une pénalité d’entrée, simplement parce que nous sommes des femmes ?

Je refuse d’y croire.

Et pourtant, les exemples sont encore nombreux. Une entrepreneure qui réussit est parfois soupçonnée d’avoir un conjoint influent. Une professionnelle charismatique est jugée « trop séduisante » pour être crédible. Une dirigeante qui s’impose est qualifiée d’« autoritaire », alors qu’un homme dans la même position sera perçu comme « fort ».

Tout cela n’est pas qu’une question d’ego : c’est une question de crédibilité. Or la crédibilité est le socle de toute carrière, de tout projet d’affaires, de tout empire qu’on construit. Quand elle est fragilisée par des stéréotypes, c’est non seulement injuste, mais profondément limitant.

Et c’est là que réside, selon moi, une des forces de l’archétype de l’Impératrice.

Parce qu’elle ne choisit pas entre sa féminité et sa puissance. Elle incarne les deux à la fois. Elle refuse de se laisser réduire.

Une Impératrice peut être élégante, raffinée, coquette même, tout en étant stratégique, visionnaire et redoutable dans ses décisions. Elle n’a rien à prouver parce que ses résultats parlent pour elle. Et surtout, elle ne laisse à personne le pouvoir de réécrire l’histoire de ses réussites.

La féminité n’est pas une faiblesse. Ce n’est pas un fardeau à dissimuler pour être prise au sérieux. C’est une force. Une ressource. Une arme de différenciation dans un monde où tout le monde se bat pour attirer l’attention.

Alors non, tu n’as pas à choisir. Tu peux être jolie, féminine, intelligente, brillante, stratégique, ambitieuse et respectée. Tout à la fois.

L’Impératrice n’a pas besoin de « coucher avec le boss ».

Elle est le boss!!!

Et elle n’a rien à prouver, parce que sa légitimité repose sur des fondations réelles : ses choix, sa résilience, son travail et sa vision.

Maude